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Municipales à Paris: à gauche, Emmanuel Grégoire en quête de visibilité
information fournie par AFP 23/01/2026 à 18:19

Emmanuel Grégoire à son premier meeting de campagne à la Bellevilloise à Paris, le 14 janvier 2026 ( AFP / Martin LELIEVRE )

Emmanuel Grégoire à son premier meeting de campagne à la Bellevilloise à Paris, le 14 janvier 2026 ( AFP / Martin LELIEVRE )

A moins de deux mois des municipales, le candidat de la gauche à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, cherche à booster une campagne encore peu visible qui l'oblige à marcher sur un fil, entre l'héritage revendiqué d'Anne Hidalgo et son désir d'incarner une "nouvelle histoire".

L'accord historique de premier tour arraché en décembre entre socialistes, écologistes et communistes a placé le chef de file de la gauche non-mélenchoniste en tête dans les sondages au premier tour du scrutin des 15 et 22 mars, devant sa rivale de droite, Rachida Dati. Avant un second round au coude à coude.

"Etre en tête au premier tour, même de peu, était la raison principale de l'union", souligne une source chez les Ecologistes. "Sinon, trois listes auraient été en concurrence à gauche. Désormais il n'y a qu'un match, Grégoire-Dati".

"Nous avons une dynamique positive, notre responsabilité c'est de l'amplifier", estimait la semaine dernière le chef de file de la gauche après son premier meeting.

- Dynamique "encore faiblarde" -

Pour le directeur général de l'Ifop, Frédéric Dabi, cette dynamique est "encore faiblarde". "La campagne peine à prendre faute de visibilité", abonde Anne-France Taiclet, enseignante chercheuse en sciences politiques.

L'ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë et Emmanuel Grégoire en campagne sur un marché dans le 13e arrondissement de Paris, le 11 janvier 2026 ( AFP / Bertrand GUAY )

L'ancien maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë et Emmanuel Grégoire en campagne sur un marché dans le 13e arrondissement de Paris, le 11 janvier 2026 ( AFP / Bertrand GUAY )

En face, analyse-t-elle, la dynamique de Rachida Dati "n'est pas non plus vertigineuse" mais la candidate de droite "a commencé assez fort, avec sa capacité produire rapidement des effets d'opinion", grâce à ses vidéos virales.

En terme de visibilité, la ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, déjà candidate en 2020, "joue hors catégorie", constate Bernard Sananès, le président d'Elabe. Selon un récent sondage de l'institut, 89% des inscrits sur les listes électorales connaissent Rachida Dati contre seulement 45% pour Emmanuel Grégoire, derrière Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (LFI).

Le prétendant à l'Hôtel de ville a beaucoup progressé en six mois (+18 points), mais cherche à gagner encore en notoriété. Un facteur rendu déterminant avec la réforme du mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille qui permet de voter directement pour la tête de liste centrale sans passer par les arrondissements.

Il y a deux semaines, le député de 48 ans s'est affiché avec Bertrand Delanoë sur un marché, où l'ancien édile socialiste a été souvent mieux reconnu.

- "Un vrai bosseur" -

"Sur le terrain, on ressent un manque de notoriété mais il passe bien. Et puis en 2001 les Parisiens ne connaissaient pas tant que ça Delanoë", se souvient Franck Guillory, secrétaire de la section socialiste de Paris Centre.

"C'est pas un bateleur mais il est à l'aise et accessible. Après son meeting, il est rentré en métro. Et c'est un vrai bosseur", témoigne un militant écologiste.

De g à d: le communiste Ian Brossat, le socialiste Emmanuel Grégoire et l'écologiste Ian Brossat posent ensemble à Paris le 18 décembre 2025 ( AFP / BERTRAND GUAY )

De g à d: le communiste Ian Brossat, le socialiste Emmanuel Grégoire et l'écologiste Ian Brossat posent ensemble à Paris le 18 décembre 2025 ( AFP / BERTRAND GUAY )

Emmanuel Grégoire a aussi "l'avantage d'être peu clivant" par rapport à Rachida Dati, ajoute Bernard Sananès.

Sur le projet, l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo pendant six ans doit jouer les équilibristes: il revendique un héritage dont il est "fier", en tant qu'architecte du PLU bioclimatique dessinant l'avenir de Paris, tout en proposant une "nouvelle histoire" après un quart de siècle de règne à gauche.

Malgré son froid avec la maire sortante et sa volonté de gouverner différemment, Emmanuel Grégoire a du mal à incarner le renouvellement, ses principaux partenaires, l'écologiste David Belliard et le communiste Ian Brossat, ayant eux aussi été adjoints.

Le rassemblement inédit au premier tour "n'est pas la reproduction à l'identique de la majorité municipale depuis 2001", rétorque Maxime Sauvage, l'un des porte-parole de campagne, citant le ralliement de l'ex-Insoumise de L'Après Danielle Simonnet, qui fut "longtemps notre farouche opposante à gauche".

Emmanuel Grégoire est également comptable d'un bilan sévèrement critiqué par le camp adverse, sur les finances de ville ou les affaires de violences sexuelles dans le périscolaire dont il a dit "prendre sa part de responsabilité".

"La campagne est encore embryonnaire et sa visibilité peut s'améliorer car la gauche sait faire sur le terrain. A condition de la compléter avec des propositions", selon la professeure Taiclet.

"On a choisi de privilégier le porte-à-porte pour mobiliser dans les quartiers populaires. L'union nous permet de nous y déployer très nombreux, c'est un avantage stratégique", affirme Ian Brossat.

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